Incendies de Saumos : comment la CPTS a organisé la réponse sanitaire pendant ces 12 jours de crise

7 Août 2026

Douze jours de mobilisation | CPTS Nord Bassin Océan

12 jours de cellule de crise

Lorsque les incendies ont frappé notre territoire, nous avons, nous aussi, dû évacuer. Nos bureaux sont restés derrière nous. Pourtant, notre cellule de crise, elle, ne s’est jamais arrêtée.

Pendant douze jours, nous avons travaillé depuis des hébergements provisoires, sur un coin de table, avec nos téléphones. Souvent sans ordinateur, sans imprimante, sans tout ce qui fait habituellement notre quotidien. Il a fallu improviser, nous adapter, réinventer notre façon de travailler.

Parce qu’il y avait plus important. Il fallait répondre aux besoins de la population évacuée, garantir la continuité des soins, soutenir les professionnels de santé mobilisés, et être aux côtés des sapeurs-pompiers, des bénévoles, des agriculteurs et de tous ceux qui, jour et nuit, luttaient contre les flammes.

« Une cellule de crise n’est pas un lieu. C’est une équipe capable de continuer à coordonner, décider et agir, même lorsque tout vacille. »

12Jours de mobilisation
100 %des 11 communes de la CPTS touchées par les incendies
6Centres d’hébergement couverts en personnel médical
2Postes médicaux d’urgence (PMU) approvisionnés en ressources humaines et matériel
Jour 1

L’activation de la cellule de crise sanitaire

Le jeudi 23 juillet, dès 8 heures, nous activons notre cellule de crise sanitaire. À ce moment-là, plus de 12 000 habitants et touristes sont déjà évacués et 2 400 hectares ont brûlé.

En quelques heures, nous contactons la quasi-totalité des infirmiers du territoire afin de repérer les personnes les plus fragiles restées sur place. Nous échangeons également avec les pharmacies, les EHPAD, les CCAS et l’ensemble de nos partenaires pour établir un premier état des lieux sanitaire. Dans le même temps, nous déployons médecins, infirmiers et psychologues dans les premiers centres d’hébergement d’urgence de Biganos et Lacanau.

Jour 2

Trois nouveaux centres d’hébergement en une nuit

Dans la nuit, trois nouveaux centres d’hébergement ouvrent à Andernos, Lanton et Audenge. Dès 6 heures du matin, nous y déployons du personnel médical afin que chaque site puisse accueillir les personnes évacuées dans de bonnes conditions.

À 14 heures, les évacuations s’intensifient : après Arès, Andernos, Lanton et Audenge sont à leur tour concernés. Notre travail de recensement continue sans interruption. Nous identifions les besoins au fur et à mesure et remobilisons les professionnels disponibles pour renforcer les centres d’hébergement de Biganos et Marcheprime.

Jour 3

Une coordination territoriale qui devient essentielle

Nous participons à une réunion territoriale avec Agora Crise, représentant l’inter-CPTS de Gironde, l’ARS Nouvelle-Aquitaine, les URPS, l’Ordre des infirmiers et le DAC, afin de structurer la réponse sanitaire et l’accompagnement psychologique des personnes les plus vulnérables.

Le soir, une nouvelle urgence survient : le centre d’hébergement de Marcheprime doit être évacué. Cette décision entraîne d’importants défis logistiques et nécessite des arbitrages rapides pour garantir la continuité des prises en charge.

Jour 4

Un logigramme adopté à l’échelle régionale

Les centres d’hébergement de Bordeaux arrivent progressivement à saturation. Notre retour d’expérience est alors sollicité par le réseau inter-CPTS : nous élaborons en urgence un logigramme de coordination des acteurs de santé, rapidement adopté à l’échelle régionale.

Le même jour, nous participons à l’ouverture du poste médical d’urgence du Porge, en complément de celui de Lacanau, afin d’assurer la prise en charge des blessés et des professionnels engagés sur le front des incendies.

Jours 5–6

Pharmacies de secours et lien avec la CUMP

Nous mettons en place un réseau de pharmacies de secours permettant le renouvellement des ordonnances et la continuité des traitements, un protocole élaboré avec les pharmaciens du territoire et validé par l’ARS.

Notre organisation interne continue d’évoluer : nous régulons les appels, coordonnons les équipes médicales et assurons le pilotage des deux postes médicaux d’urgence. Nous établissons également un lien direct avec la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP), indispensable pour accompagner les personnes accueillies dans les centres et les équipes particulièrement éprouvées, notamment au Porge. Enfin, nous coordonnons l’approvisionnement en masques avec l’appui de l’ARS et du réseau inter-CPTS.

Jours 7–9

Un circuit unique de mobilisation des professionnels

L’urgence est désormais quotidienne. Nous prenons en charge l’organisation complète des plannings, identifions les professionnels disponibles et coordonnons les rotations sur l’ensemble du territoire. Avec les URPS Médecins, l’Ordre des infirmiers et l’URPS Kinésithérapeutes, nous centralisons les recrutements afin de garantir un circuit unique de mobilisation.

Au poste médical du Porge, nous structurons l’organisation des soins autour d’un tri infirmier, de rotations de professionnels volontaires et d’un dispositif NORIA permettant d’assurer le transfert des patients sans interrompre leur prise en charge.

Jours 10–12

Un désengagement progressif, un accompagnement qui continue

Alors que la situation s’améliore progressivement, notre mission évolue. Chaque jour, nous ajustons les plannings, réorganisons les gardes médicales et infirmières et recentrons progressivement les moyens. Le 2 août, le poste médical d’urgence de Lacanau ferme ; nous concentrons alors l’activité sur celui du Porge.

Nous organisons la récupération et la redistribution du matériel mobilisé pendant la crise et lançons le retour d’expérience de la CPTS afin d’identifier les enseignements de ces douze jours. Enfin, avec le Dr Chaudière, nous préparons une mission de soutien psychologique destinée à accompagner, dans l’après-crise, la population comme les professionnels de santé.

Une mobilisation collective

Pendant ces douze jours, notre cellule de crise n’a jamais cessé de fonctionner. Au total, nous avons assuré une coordination 7 jours sur 7, mobilisé des professionnels dans six centres d’hébergement d’urgence, organisé le fonctionnement de deux postes médicaux d’urgence, coordonné le recrutement des professionnels volontaires, recherché du matériel, organisé les plannings et permis la continuité des traitements grâce au réseau des pharmacies du territoire.

Mais derrière ces chiffres, il y a surtout une formidable chaîne de solidarité.

Ensemble sur le terrain : médecins, infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes, psychologues, podologues, secrétaires médicales, institutions, collectivités, SDIS, ARS, DAC, Agora Crise, URPS, Ordres professionnels, EHPAD, CCAS, bénévoles, agriculteurs, sapeurs-pompiers… chacun a apporté sa pierre à l’édifice.
AndernosArèsAudengeBiganosLantonMarcheprimeLègeLe PorgeLacanauSaumos

Nous sommes fiers d’avoir contribué à cet élan collectif. Ces douze jours resteront comme la démonstration qu’un territoire organisé, solidaire et capable de travailler ensemble peut faire face à une crise exceptionnelle. Parce qu’au-delà des organisations et des procédures, ce sont toujours les femmes et les hommes qui font la différence.

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